BDS qualifié de "menace stratégique" par le président israélien

01.06.2015

Categories: Attaques contre BDS, BDS-Arguments

Les ressources et l'attention que le gouvernement israélien investit dans le combat contre les BDS montrent bien que le mouvement de boycott dirigé depuis la Palestine effectue de sérieuses percées. 

Jeudi, le président israélien Reuven Rivlin a mis sur pied une réunion « urgente » avec les hauts responsables des universités et collèges israéliens afin de discuter du boycott académique, qu'il a qualifié de « menace stratégique ».

 Ces toutes dernières années, les institutions et officiels israéliens ont fini par prendre plus au sérieux le mouvement BDS dirigé depuis la Palestine et à investir davantage de ressources pour le combattre.

Le nouveau ministre des Affaires stratégiques et de la Diplomatie publique, dit-on, a posé comme condition à sa participation au gouvernement l'allocation de fonds adéquats pour combattre les BDS.

Lors de la réunion de jeudi avec le président Rivlin, le président de la Technion University, Peretz Lavie, qui est également doyen du conseil des présidents d'universités, a émis la mise en garde suivante : « Il est toujours possible d'arrêter le boule de neige [des BDS], mais nous sommes déjà à la onzième heure. »

Rivlin a déclaré aux présidents des universités qu'il avait été pris par surprise par l'ampleur soudaine acquise par le mouvement de boycott académique.

« Je ne pensais pas que cela coinstituerait un danger réel pour les universités israéliennes, mais l'atmosphère change, dans le monde », a expliqué Rivlin. Dans la nouvelle réalité, a poursuivi le président, Israël doit traiter les BDS « comme une menace stratégique du plus haut niveau ».

Les BDS sont entrés avec succès dans l'actualité, ces dernières années. Alors que le contact des Israéliens avec les BDS était naguère confiné aux musiciens étrangers occasionnels refusant de se produire à Tel-Aviv, il est désormais ressenti dans les forums académiques du monde entier, dans le même temps que des sociétés internationales se retirent des projets de travaux publics israéliens et que de très importantes sociétés d'investissement ou églises se sont mises à désinvestir des sociétés qui font du commerce avec Israël.

Le mouvement citoyen non violent qui a suivi le modèle des campagnes contre l'apartheid en Afrique du Sud est désormais perçu comme une menace par de nombreux Israéliens. Des trois revendications du mouvement - la fin de l'occupation, les droits égaux pour les citoyens palestiniens d'Israël, et une résolution en faveur des réfugiés palestiniens de 1948 – les Israéliens citent spécifiquement la question des réfugiés comme une tentative voilée de saper l'identité juive d'Israël.

D'autre part, les Palestiniens et les partisans du mouvement de boycott prétendent que les BDS demandent tout simplement à Israël de mettre un terme à l'occupation et de respecter intégralement les droits des Palestiniens, sans condamner d'avance quelque résultat politique que ce soit.

Récemment encore, l'avis général en Israël était que, malgré des gains en hausse et de petites victoires isolées, le boycott était un mouvement marginal. Toutefois, en libérant d'importants moyens pour le combattre et en décrivant les BDS comme une menace stratégique, le gouvernement israélien nous dit désormais que le boycott pourrait en fait être bien plus efficace qu'on ne le pensait initialement.

Jeudi, le président Rivlin a déclaré qu'il se considérait désormais « comme un soldat » dans la guerre contre le boycott d'Israël, mais il n'a pas défini ce pour quoi Israël se battait dans cette guerre :  la poursuite de l'occupation ? L'inégalité ? La ségrégation ?

 

Article original publié sur 972mag.com. Traduction pour le site pourlapalestine:: JM Flémal.

Autre article sur le même thème (en anglais) de MEM:

 Israel's president meets university heads, calls BDS a 'strategic threat'

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